Des témoins ont rapporté que la foule, à qui les militaires avaient laissé dix minutes pour obtempérer, s'était dispersée à la suite de ces menaces, face à des policiers qui faisaient un bruit assourdissant en frappant leurs boucliers de leurs matraques pour impressionner leurs adversaires.
Des coups de feu ont ensuite été entendus près de la gare centrale.
Les forces de l'ordre avaient auparavant chargé les manifestants qui scandaient des slogans contre le pouvoir militaire et leur lançaient des pierres et des bouteilles non loin de la pagode de Sule, devant laquelle s'achevaient les manifestations de ces derniers jours.
Des coups de feu ont retenti et un manifestant s'est effondré, ont rapporté des témoins. On ignore si l'homme a été atteint par une balle ou par une grenade fumigène et quelle est la gravité de ses blessures.
Les affrontements ont commencé quand trois camions remplis de soldats ont remonté la route qui conduit à la pagode, où la foule manifestait de nouveau malgré les mises en garde de la junte.
Les manifestants ont laissé passer les véhicules, sur lesquels ils ont lancé ensuite tout ce qu'ils avaient sous la main.
Les soldats ont riposté en tirant des fumigènes, puis des coups de feu ont éclaté et les manifestants ont fui dans plusieurs directions.
RAIDS ET ARRESTATIONS DANS DES MONASTÈRES
Un groupe d'environ 200 opposants s'est retiré deux cents mètres en arrière et s'est remis à scander des slogans contre le régime, exigeant la fin des arrestations de bonzes et la libération des détenus politiques. Ils ont également dénoncé la vie chère.
La pagode de Sule est interdite d'accès par la police, qui a dressé des barrages à plusieurs carrefours de la ville.
Mercredi, les affrontements ont fait cinq morts parmi les manifestants, selon l'opposition, un seul, selon les autorités.
Aux premières heures de jeudi, les forces de sécurité birmanes ont lancé des opérations à l'intérieur d'au moins quatre monastères du Myanmar et arrêté par centaines des bonzes impliqués dans les manifestations contre la dictature militaire.
Au moins 200 moines bouddhistes, accusés de coordonner les manifestations, ont été arrêtés lors de coups de filet menés par des militaires dans deux monastères de Rangoun.
Dans le nord-est du pays, l'armée a lancé des raids contre au moins deux autres monastères.
Autour de 500 moines ont été arrêtés au monastère de Mogaung et 150 autres au monastère de Ngwe Kyaryan, selon des témoins.
La junte birmane a accusé jeudi les médias étrangers de diffuser des mensonges dans le but d'attiser les tensions.
"Certains médias occidentaux et anti-gouvernementaux diffusent des informations dénaturées pour provoquer de nouvelles manifestations", écrit dans son éditorial le quotidien officiel "Nouvelle Lumière du Myanmar".
